• Marie

Boo Sze Yang

Mis à jour : 24 nov. 2020

Boo Sze Yang est un artiste né en 1965 et originaire de Singapour.


Les peintures de Boo couvrent un large éventail de sujets, et nous nous intéressons ici à ses deux dernières séries : The Other Sky I et The Other Sky II. Ces deux séries complémentaires présentent des intérieurs architecturaux modernes ; scènes destructrices, métaphores de la condition humaine. Boo considère ces lieux comme un symbole de la vie contemporaine.

Cette série évoque un monde naturel progressivement disséqué par le développement urbain.


Boo Sze Yang, The Mirage #27, 2018, oil on linen, 60x80cm. Source : site de l'artiste

La touche de l’artiste, au même titre que l'utilisation d'une palette restreinte dans des tonalités de marrons, souligne la matérialité de la peinture. L’aspect nébuleux des œuvres donne à l’œil une impression de non-achèvement. Comme si, le temps que l’artiste trace les premières lignes d’un paysage, celui-ci s’était déjà transformé, et qu’il n’était plus qu’un souvenir. Les tâches blanches, semblables à des nuées de poussière, évoquent un chantier sur lequel on démolit en même temps que l’on reconstruit. Le rendu des œuvres traduit donc une impossibilité de concevoir ni notre espace ni notre condition humaine, tant ils sont en perpétuelle évolution.

La notion de temps est ici primordiale et s’illustre chez Boo par l’absence de segments réellement délimités, possédant un début et une fin. L’artiste préfèrera la ligne, qui se poursuit indéfiniment.


Boo Sze Yang, The Mirage #24, 2018, oil on paper, 46.5x61.5cm. Source : site de l'artiste

L’auteur et critique Hsiao I-ling écrit à ce propos : « Comme la structure de la fugue utilisée dans le chapitre "The Kraken" dans l’Ulysse de James Joyce, une ligne de perspective unique s'étend continuellement dans le tableau de Boo. Des lignes horizontales et verticales apparaissent à plusieurs reprises dans le plan de l'image, comme pour faire écho au démantèlement constant des paysages dans la planification urbaine de Singapour. Les gens migrent constamment; les souvenirs de la maison et de la ville sont brisés et de courte durée. Ces paysages en voie de disparition ont émergé des recoins de son inconscient et de son imagination. »


Boo Sze Yang, The Mirage #23, 2018, oil on linen, 40x60cm (diptych). Source : site de l'artiste

En peignant des paysages en perpétuel état de changement, Boo se fait paradoxalement le témoin d'une époque bien définie.

Laudine Jacobée

 À très bientôt ici ou ailleurs ! 

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